les stoiciens
L’école stoïcienne
Après la défaite de la Grèce suite aux guerres du Péloponnèse et la mort d ‘Alexandre, le cité grecque retrouve une certaine autonomie politique ; De nombreuses écoles philosophiques fleurissent sans que l’on ne puisse savoir le degré de leur influence :
l’Ecole Platonicienne à l’Académie avec Speusippe, Xénocrate puis Polémon qui soutient que « nul n’est méchant volontairement » ;
l’école aristotélicienne au Lycée avec Théophraste qui affirme au contraire que c’est l’activité qui détermine notre caractère et donc qu’inversement nul ne peut devenir juste involontairement ;
l’école cynique crée par Antisthène et Diogène de Sinope qui enseigne l’autarcie, l’autosuffisance dans un climat provocateurs et impudiques ;
l’école Cyrénaïque avec Aristippe de Cyrène avec une philosophie hédoniste, une morale du plaisir ;
l’école mégarique avec Euclide de Mégare qui à l’aide des sophismes réfutent tous les systèmes ; l’école sceptique avec Pyrrhon qui professe l’indifférence de toute chose en raison de la régression à l’infini ( un énoncé ne peut être vérifié que par un énoncé antérieur ) et la nécessité de postulats invérifiables ;
l’école épicurienne ou école du jardin qui prône une doctrine du plaisir : On est heureux si on satisfait ses plaisirs naturels et nécessaires ( manger , boire, dormir..) ; le plaisir est le commencement et la fin de la fin de la vie heureuse ; l’idéal en fait est l’ataraxie ( absence de tension de l’âme, une paix intérieure), c’est à dire un état de tranquillité de l’âme sans souffrance et sans passion d’où l’idée qu’il faut à la fois modérer ses souffrances et ses plaisirs non nécessaires; par ailleurs il faut s’affranchir de la crainte de la mort, qui n’est rien pour nous ; avant la mort, nous ne la craignons pas puisque nous ne la vivons pas et après la mort nous n’avons plus de sensibilité et donc nous ne pouvons souffrir ;
Le stoïcisme est une école fondée par ZENON de Citium, élève du cynique CRATES et de l’académicien POLEMON
Stoïcisme vient du mot grec STOA qui signifie portique ; Zénon enseignait sous un portique « poikilé » recouvert de peintures, les colonnes avaient été peintes pour purifier le lieu où 1400 citoyens avaient été massacrés dans la tyrannie de Trente.
Les 2 aspects les plus populaires sont : l’impassibilité du sage et sa soumission au destin ;
La liberté stoïcienne oppose les éléments qui dépendent de nous comme nos jugements, nos tendances et nos désirs et sur lesquels nous pouvons avoir une maîtrise et les éléments qui ne dépendent pas de nous et dont il faut prendre de la distance : la santé du corps, la richesse et le pouvoir ;
On distingue traditionnellement 3 grandes époques dans la pensée stoïcienne
- le stoïcisme ancien qui s’est développé au deuxième et premier siècle avant JC ; les 3 grands représentants sont : ZENON de Cittium ; Cléanthe d’Assos son successeur et Chrysippe de Soles
- le moyen stoïcisme au II° siècle avant JC : la conquête romaine entraîne la quasi disparition de l’école d’Athènes ; Panétius de Rhodes introduisit le stoïcisme à Rome en particuliers chez certains Aristocrates « cercle de Scipion » ; il en atténue la dureté d’origine ; Posidonius d’Apamée établi à Rhodes, admiré par Pompée et Ciceron essaya de rapprocher le stoïcisme du platonisme.
- Le stoïcisme de l’époque impériale au I° et II° siècle avant JC ; la logique et le physique sont quasiment délaissés au profit de la morale ; Les principaux représentants sont : SENEQUE, précepteur de l’empereur Néron, Musonius RUFUS, chevalier romain exilé par Néron, maître d’Epictète, esclave affranchi ; il ouvrit une école stoïcienne à Nicopolis ; son disciple Arrien consigna ses leçons dans le livre : Entretiens et dans le Manuel ; Marc aurèle ( 121-180 ) créa à Athènes des chaires impériales de philosophie ; il laissa une sorte de journal philosophique personnel : les pensées
Le stoïcisme est ensuite de moins en moins diffusé au profit du platonisme, Aristotélisme ;
Les écrits des Stoïciens grecs de l’époque Hellénique ont été perdus ; il ne reste que quelques fragments parfois des citations ou des résumés repris par des auteurs non stoïciens ( Ciceron, Diogène Laërce) ; Hymne à Zeus poème de Cléanthe, vie et Doctrines des philosophes illustres de Diogène ;
Les écrits de la période impériale sont plus nombreux comme les « questions naturelles », la vie heureuse, lettres à Lucilus de SENEQUE ; le manuel de théologie grecque de Cornutus, Les pensées de Marc Aurèle ;
La pensée Stoïcienne :
Les stoiciens proposent un naturalisme : l’homme doit vivre en accord avec la nature en admettant l’ordre des évènements exprimant la volonté de Dieu ;
La philosophie est comparée à une bête avec son squelette et ses nerfs constituant la LOGIQUE ( l’art du bien penser ) ; la chair est la physique ( l’art du bien ordonner ) ; l’âme est l’Ethique ( l’art du bien vivre ) ; on l’a aussi comparer à un œuf avec sa coquille la logique ; le blanc : la physique ; le jaune l’éthique ; ou enfin à un champ fertile avec la clôture : la logique ; le fruit la morale ; la terre ou les arbres la physique
Dans tous les cas, c’est la connaissance de la nature qui doit fonder la sagesse d’où le rôle de la physique dans l’approche philosophique.
La logique
La logique stoïcienne s’oppose à la logique aristotélicienne ; en effet la proposition stoïcienne, contrairement qui attribue un prédicat à un sujet au moyen du verbe être ( Socrate est mortel ), repose sur des implications de relation temporelle ; c’est la théorie des « syllogisme hypothétiques » exposés par Chrysippe comme base rigoureuse de la causalité ; 5 formes sont mises en évidence :
1- Si A existe , B existe ; or A existe donc B existe aussi : s’il fait jour, il fait clair, or il fait jour donc il fait clair
2- Si A existe, B existe aussi, or B n’existe pas donc B n’existe pas non plus : s’il fait jour il fait clair or il fait nuit, donc il ne fait pas jour
3- A et B ne peuvent exister ensemble ; or A existe donc B n’existe pas ; il n’est pas vrai que Socrate soit vivant et mort ; or Socrate est mort donc Socrate n’est pas vivant
4- Soit A soit B existe ; or A existe donc B n’existe pas ; soit il fait jour soit il fait nuitor il fait jour donc il ne fait pas nuit
5- Soit A soit B existe or B n’existe pas donc A existe ; soit il fait jour soit il fait nuit oril ne fait pas jour, donc il fait nuit ;
Cette Logique rigoureuse permet d’affirmer que tout événement a une cause d’où la cosmologie du DESTIN comme loi de l’ordre des choses ; les stoïciens ne sont pas fatalistes , ils ne pensent pas que tout est défini à l’avance ni nécessitaristes ( tout doit nécessairement se passer ) mais tout événement à une cause ; l’ordre du monde est animé par le fait de l’activité d’un architecte divin ; cependant il est en notre pouvoir d’accepter ou refuser les choses intérieures en usant de sa raison.
Le Stoïcisme propose une logique du langage ; derrière chaque mot , il est possible de retrouver une origine étymologique ; le langage fait appel à 3 éléments :
- le signifiant qui est une image sonore formulée par la voix
- l’objet réel : qui appartient au domaine de la physique
- le signifiant : produit d’une activité intellectuelle
LA THEORIE DE LA CONNAISSANCE
Les stoïciens ont développé un SYSTEME ; la raison devient « un système de représentations » ;
Tout objet provoque sur notre organe des sens une affection, une impression qui déclenche une impression dans l’âme appelée REPRESENTATION.
La connaissance part de la représentation ; selon Cléanthe, on pourrait la comparer à l’empreinte d’une bague dans la cire ;
Mais cette représentation n’est pas totalement objective ; le sujet la perçoit avec ses dispositions propres ; il en découle un jugement sur les choses qui sera ou non donné avec l’assentiment de l’âme ;
On aura alors
- une compréhension ou catalepsis perception de l’objet immédiate en tant que certitude « le savoir est une compréhension inébranlable et qui n’est destructible par aucun principe rationnel »
- une non compréhension
Pour les stoïciens, il n’existe pas d’objet neutre qui ne déclenche ni une impression vraie ni une impression fausse ; une réalité est vraie ou fausse ; » il n’existe pas deux grains de sable identiques dans tout l’univers » ( Plutarque dixit Zénon ); en cas d’erreur, il s’agit d’un assentiment erroné à une représentation non compréhensive ; le sage ne peut donner son assentiment à une représentation non compréhensive
Certaines représentations peuvent se présenter naturellement à l’âme : ce sont des PRENOTIONS ou PROLEPSIS ou anticipations ; ces prénotions ont une valeur de raison chez les jeunes enfants ; ce sont des représentations auxquelles l’âme consent instinctivement.
« il y a entre représentation et assentiment, une harmonie nécessaire » ; la science est l’élément qui permettra à l’homme son adhésion ; cette participation émane du LOGOS ou raison et permet une mise en résonance avec la nature « la raison n’est pas autre chose qu’une part de l’esprit divin prolongé dans le corps des hommes ».
LA PHYSIQUE
Etymologiquement la physique est ce qui croît ; c’est donc la nature, la vie ;
La physique englobe la théologie ; la nature et dieu ne font qu’un ; la beauté et l’harmonie de la nature sont des signes de la présence de Dieu ; ils s’opposent à Platon pour qui le créateur est extérieur au monde ; la physique stoïcienne tente de rationaliser le réel en proposant une cosmologie ; « un matérialiste spiritualiste » ; la physique chez les stoïciens fait fonction de métaphysique ;
1- Le monde stoïcien :
Contrairement aux Epicuriens, qui soutiennent que le monde est composé de particules élémentaires, les atomes, entouré par du vide les Stoïciens pensent que le monde est continu ; le vide n’est qu’à l’extérieur du monde ; il existe une substance volatile appelée Pneuma ou souffle qui parcourt le monde et maintient une interaction mutuelle entre les êtres et les choses appelée SYMPATHIE ; cette interaction traduit la continuité de la nature en un tout unique qui n’est autre que Dieu lui-même ; l’homme est un élément du tout ; on n’est plus citoyen d’un pays mais un citoyen du monde ( vision cosmopolite );
La sympathie s’exprime également avec l’univers et les astres ; l’existence humaine est influencée par les astres ;
La raison humaine ou LOGOS n’est qu’un prolongement de l’esprit divin dans ce corps humain ;
Les Stoïciens posent les bases du NATURALISME ; tout ce qui existe est corps ; il n’existe pas de monde surnaturel ; merveilleux ; l’ordre spirituel et l’ordre corporel ne font qu’un ; la nature est le principe fondamental de tout ce qui est ; La nature se compose de 2 principes :
- un principe agent que l’on peut nommer Dieu, le feu qui obéit à une raison supérieure
- un principe patient qui est la matière indéterminée sur laquelle va agir le feu créateur
2- Dieu :
Dans ce système stoïcien, le LOGOS, Dieu et la nature ne font qu’un ;
La divinité est la force créatrice initiale ; elle s’exprime au pluriel ou au singulier ; « c’est comme un esprit qui va et pénètre partout dans le monde, changeant de nom et d’appellation à travers toute la matière où il pénètre »
mais Dieu se traduit par un principe unique, ordonnateur de la nature ;
Bien que le stoïcisme soit polythéiste, il contient tous les ingrédient du monothéiste ; il constituera la base physique de la spiritualité chrétienne ;
Le feu est le principe vital créateur d’émanation divine, qui va donner naissance par condensation à l’air puis à l’élément humide ;
La terre élément solide va se déposer au centre et devient l’axe central de l’univers ( géocentrisme )
Une combinaison de feu et d’air va constituer l’âme ou souffle chaud et enflammé ; le corps mélange de feu d’air et d’eau est une forme encore plus éloigné du feu divin ; une mauvaise proportions de ces éléments est à l’origine des maladies ;
On se rapproche de la conception d’Héraclite qui considère que le feu est l’élément primitif qui va construire et déconstruire le monde par des conflagrations successives ;
Un feu artiste organise le monde et lui donne son harmonie par sa force ordonnatrice ;
Le monde a un cycle cosmique : de la même manière que le monde a surgi d’un feu originel, il disparaîtra par un feu destructeur ; après cette conflagration universelle, les choses se reformeront de nouveau.
L’édification du monde obéit à un certain ordre divin d’où la notion de plan, de finalité ;
Cet ordre est appelé par les stoïciens DESTIN et sa fin déterminée est la PROVIDENCE ;
Dieu fait régner entre les êtres l’amitié de l’interdépendance ; il existe un finalisme universel qui a été raillé par les sceptiques : comment expliquer les animaux nuisibles , les plantes vénéneuses, les catastrophes naturelles, l’existence du mal ; Pour Chrysippe, tout contraire a son contraire ( justice injustice) ; il existe peut-être une utilité qui nous échappe ; le mal est nécessaire à l’apparition du bien ;
Par ailleurs, si le destin guide toute occurrence, il n’existe plus de liberté et l’homme ne peut être considéré comme un être moral c’est à dire responsable ;
Les épicuriens se sont opposés aux stoïciens sur ce point ; si ces 2 courants naturalistes prônent une vie en harmonie avec la nature pour atteindre l’ataraxie, le stoïcisme demande à l’homme d’accepter son destin, de se soumettre la volonté divine, les épicuriens demandent un attachement à l’instant, une indifférence au temps qui passe et à la mort ; ils expriment un mépris pour le destin stoïcien qui leur paraît incohérent ; alors que le stoïcien accepte la souffrance comme faisant partie de l’ordre universel, l’épicurien retrouve le bonheur dans la souffrance par le souvenir de la félicité passée
3- L’Homme
L’homme a une supériorité sur l’animal par sa capacité de représentations et par dotation d’un souffle divin : l’âme L’âme est conçue comme un corps matériel, un souffle chaud ;
L’âme a 2 fonctions :
- la représentation issue de l’objet extérieur
- l’inclination : faculté d’éprouver du désir ou de la haine
mais la raison permet de donner son adhésion qu’aux représentations vraies, et ne suivre que les inclinations conformes à la nature.
LA MORALE STOICIENNE
La morale stoïcienne est une morale naturaliste ; le but de l’homme est de vivre en conformité avec la nature ; ainsi il atteint une forme d’harmonie conduisant au bonheur ;
Mais les êtres vivants ont un certain instinct de conservation ; ils fuient naturellement ce qui est nuisible ;et le bien est ce qui permet d’obtenir l’Utile c’est à dire ce qui va dans le sens de la vie ; dans le sens de la volonté de Dieu ;
Donc vivre conformément à la nature n’est pas satisfaire les tendances naturelles comme la concupiscence ou l’égoïsme mais diriger notre vie conformément à la raison , au LOGOS ;
Le bonheur ne peut se trouver que dans la vertu ; le souverain bien et la vertu sont indissociables ; la vertu est la relation juste aux choses ; il n’y a pas d’intermédiaire entre la vertu et la non vertu ; ou on veut l’ordre du monde ou on le veut pas ; si la sagesse n’existe pas, à défaut il suffit de s’en inspirer par des conduites dites convenables ; le plus proches possible du monde souhaitable ; c’est le calcul du meilleur.
Les passions sont considérées comme des maladies de l’âme ; une déraison, une folie ; c’est une erreur de jugement, un assentiment donné à tord à une représentation fausse ;
La passion est l’œuvre de l’homme en désaccord avec la nature, elle représente une perversion de la pensée, une maladie intellectuelle
La finalité est de vivre par des choix conforme à la raison universelle puisque dans tous les cas elle aura le dernier mot ;
La science :
Les Stoïciens font l’éloge de la science car elle permet de connaître la nature ; la dialectique permet de savoir ce qui dépend ou non de nous :
« Ce qui dépend de nous : l’impulsion, le désir, l’aversion, en un mot tout ce qui est notre œuvre propre ; ce qui ne dépend pas de nous : la propriété, la réputation, le pouvoir en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre propre » Epictète.
Cette distinction est importante car « seul ce qui dépend de nous peut être un bien ou un mal car cela seul est en notre pouvoir » ; par conséquent, il ne faut pas craindre la mort car elle est extérieure à nous ; la seule chose que nous pouvons contrôler est la façon dont nous mourrons ; A ce niveau le stoïcisme se rapproche de l’épicurisme car c’est une folie de s’émouvoir des choses qui ne sont pas en notre pouvoir la douleur ne dépend pas de nous , par contre nous pouvons maîtriser l’importance de la souffrance ;
La mort fait partie du DESTIN de l’homme d’où la nécessité de lui faire un accueil digne ;
On raconte l’histoire de la fin de Zénon ; en sortant de l’école, il trébucha et se cassa un orteil ; il frappa la terre avec sa main et dit « j’arrive, pourquoi m’appelles-tu » il bloqua sa respiration et mourut aussitôt ; d’où l’étique du stoïcien de mourir en adhésion avec son destin ;
On retrouve cette allégeance au destin chez Descartes « ne cherche pas à faire que les évènements arrive comme tu veux, mais veuille les évènements comme ils arrivent et le cours de ta vie sera heureux » ;
Epictète dans le Manuel conseille de ne point désirer que les choses arrivent comme on le souhaite mais de souhaiter qu’elles arrivent telles qu ‘elles sont ;
Cependant accomplir son destin ne veut pas dire subir son destin ; en tant qu’animal, si je suis malade, par instinct de conservation, j’aurai tendance à me conserver moi-même et me soigner ; le but étant de recouvrer l’élément naturel qu’est la santé.
En fait Zénon, interprète l’orteil cassé comme un signe avant coureur de sa mort prochaine ; l’expérience lui donnait une capacité de divination que l’heure était venue ;
C’est le principe de la mort dans la dignité ;
L’IDEAL STOICIEN EST L’APATHIE
Il existe 4 catégories d’affects (impression à laquelle est attribuée une valeur fausse et à l’origine d’impulsion excessive) :
le plaisir, le déplaisir, l’envie, la crainte ;
Seule la raison droite ( orthos logos ) permet de les éviter ;
L’apathie est un état de sérénité de l’âme ; une libération des passions ;
L’apathie des stoïciens est l’ataraxie des épicuriens ; elle représente le retour à une tranquillité intérieure ;
« souviens-toi que ce n’est pas celui qui te dit des injures , ni celui qui te frappe qui t’outrage ; mais c’est l’opinion que tu as d’eux » le but étant de rester maître de soi-même quelque soient les circonstances ;
Les prolongements du Stoicisme
Au moyen âge : ce sont surtout Platon et Aristote qui assurèrent pendant plus de 10 siècles l’influence philosophique ; elle ressuscite avec l’humanisme de la renaissance qui recherche une nouvelle morale ;
Au cours du 16° siècle, on généralise la lutte contre Aristote et certains recherchent un nouvel axe pour le stoïcisme chrétien ;
JUSTE LIPSE redonne un nouvel élan au stoïcisme en écrivant des traités de morale stoïcienne ; De Constantia développe le thème de la constance du sage ;
il reprend également le thème de la soumission à la providence à une époque où on ne comprend pas le sens des catastrophes naturelles ; on reconstitue un ainsi une morale laïque ; un providentialisme naturaliste ; en dépit de toutes les vicissitudes, le monde évolue vers le bien ;
le stoïcisme chrétien tente de construire un autre humanisme non fondé exclusivement sur les textes bibliques ; c’est la contre-réforme ;
les idées stoïciennes se retrouvent chez Montaigne ( les essais ) ; le consentement à l’ordre cosmique, à la nature dirigée par la Providence ; la nécessité d’une liberté intérieure qui libère l’homme des aléas de la fortune ;
Pascal fait la synthèse ente Epictète et Montaigne ; il montre le caractère ambigu de l’homme faible en tant que pêcheur mais très grand en tant que créature de Dieu ; l’homme est à mi chemin entre le suprême savant qu’est le sage stoïcien et le suprême ignorant du sage sceptique ;
La théorie des compossibles de la philosophie de Leibniz est d’inspiration stoïcienne théorie selon laquelle certains évènements sont inexorablement liés )
Le naturalisme du stoïcisme est repris par Spinoza ; La puissance de la nature n’est pas autre chose que la puissance de Dieu ; pour les stoïciens il faut accepter l’univers ; à défaut d’avoir ce que l’on veut il faut vouloir ce que l’on a ; Spinoza reprend cette idée en affirmant que tout ce qui arrive était nécessaire ; il met en résonance notre intelligence et la nécessité inévitable ; nous sommes soumis à « une servitude originelle » qui nous fait perdre notre liberté ; la liberté étant la faculté d’être la seule cause de ses actes or il existe de nombreuses causes extérieures qui régissent mon comportement, donc la liberté est une illusion ; Le seul moyen de recouvrer une impression de liberté est d’accepter la nécessité.
On retrouve l’influence du stoïcisme sur Baudelaire à travers le dandysme « on voit que, par certains côtés le dandysme confine au spiritualisme et au stoïcisme » il s’agit d’une transgression de l’éthique stoïcienne transformant le culte de la vertu pour elle-même en un culte de soi-même ;
Alfred de Vigny s’inspira du stoïcisme dans « la mort du loup » ;
On retrouve des attitudes stoïques dans la conditions humaine de malraux ( refus d’une mort par le feu et don du cyanure à autrui ) ou le suicide de Montherlant ;
Actuellement , on peut retrouver une influence de la philosophie stoïcienne en médecine dans les mouvements en faveur de l’euthanasie ou la revendication du droit de mourir dans la dignité en cas de phase terminale de la maladie ;
Dans ces cas de maladies évoluées, les malades ou leur famille réclament une abstention de l’acharnement thérapeutique et un accompagnement médical à cette fin de vie ; Suite aux souffrances de la maladie, on accepte et on invite un destin triomphant.